conférence ado et scolarité

[Conférence]
A vos agendas ! 
Jeudi 12 mai, j’animerais une conférence sur le thème
« Accompagner mon ado dans sa scolarité « .
On parlera métacognition, cerveau de l’ado, apprentissages, mais aussi motivation et souffrances scolaires,
entre autres sujets.
L’entrée est libre et gratuite!
Merci  à l’APEL du collège Saint Sauveur à Rocheservière (85).

 

« Personne ne se rend compte que certaines personnes dépensent une énergie énorme simplement pour être normales ». Albert Camus 

Je reçois en 1ere entretien une jeune collégienne de 13 ans, en refus scolaire anxieux depuis septembre 2021. Identifiée tout récemment HPI (Haut Potentiel Intellectuel). Nous l’appellerons L. J’échange avec les parents, puis avec L. L ne comprend pas le monde qui l’entoure, elle ressent ce décalage et a développé des angoisses qu’elle souhaite ne plus subir. Les parents me décrivent ses maladresses verbales qui la mettent dans des situations compliquées avec les autres, et qui la font souffrir. L est épuisée, toute cette énergie!

Avec L., nous allons partir à la découverte de son fonctionnement, mieux se connaitre, pour ensuite mieux comprendre celui des autres. Découvrir ses forces, exprimer ses difficultés. L. n’a reçu de son HPI qu’une image négative, soit dévalorisée par ses enseignants, soit mise de côté car embarrassante…

L’objectif est de retrouver une vie d’élève sereine, reprendre contact avec la scolarité, travailler sur l’environnement.


Pour cela, je vais aider L à bien se découvrir et se connaître, apprendre à avoir confiance en elle, on parlera régulation émotionnelle, être à l’aise avec les autres, se constituer une trousse à outils pour gérer son stress, développer des pensées positives et enfin, préparer son chemin…


Exploration du HPI, identité, apprentissage social et émotionnel, …voilà le programme pour L.

Je la remercie sincèrement de sa confiance, car comme souvent, ses enfants voient de nombreux professionnels et accorder sa confiance n’est plus chose facile. Ils deviennent très méfiants et sont très critiques ! Les apprivoiser, tisser le lien, le rendre solide est un travail de chaque minute lors de nos séances !

 

 

A. est arrivé en accompagnement avec un portrait assez franc de TDAH. J’invite la famille à se rendre chez une pédiatre spécialisée TDAH qui confirme mes suspicions. Elle préconise de poursuivre la remédiation cognitive à mes côtés, permettant ainsi de se passer de médication. Je transmets alors mes préconisations pour la scolarité d’A., avec la perspective de mettre en place un plan adapté. A ce jour, toujours en attente du médecin scolaire (débordé!). A tient bon…mais ce PAP le soulagerait tellement!

Conception de l’intelligence et un impact sur les apprentissages

 

Un élève ayant une conception dite « fixiste » de l’intelligence aura tendance à penser que tout est joué d’avance et quoi qu’il fasse, il ne pourra pas progresser. Il aura une vision fataliste de ses apprentissages. Les conceptions fixistes de l’intelligence ( Fixed Mindset) sont des croyances sur l’intelligence. Les enfants vont implicitement se construire cette conception en fonction de leurs propres expériences d’apprentissage et de leur environnement (on mesure ici l’importance des feedbacks et des projections des adultes).  

La conception fixiste de l’intelligence renvoie à une représentation « innée » de l’intelligence : certains sont intelligents, d’autres le sont moins, ou pas, il a la bosse des maths, c’est une rêveuse… Les élèves qui auront cette conception penseront que peu importe leur travail, leur effort, le résultat sera le même et que rien de changera.  Ils auront une vision fataliste de leurs apprentissages et seront moins enclin à fournir des efforts.  Pour eux, tout est joué d’avance alors à quoi bon ?

La conception malléable de l’intelligence ( Growth Mindset) désigne l’inverse.  L’intelligence « se construit » et c’est en travaillant, en expérimentant qu’on la développe. Les élèves qui auront cette conception dynamique ont davantage tendance à penser que c’est à force de persévérance qu’ils vont s’améliorer et ainsi enclins à déployer davantage d’efforts.

Ces conceptions auront un impact sur l’attribution de leurs difficultés. 


Un enfant qui a une théorie fixiste de l’intelligence aura tendance à attribuer la cause d’un échec à son « manque » d’intelligence. Alors qu’un enfant ayant une théorie malléable de l’intelligence attribuera davantage un échec à un simple manque de travail ou de préparation.


Ces conceptions vont influencer la perception de leurs résultats : les élèves ayant une conception fixiste vont davantage accorder de l’importance à des échecs, à des informations négatives lors de leurs travaux, s’ils ont initialement échoué dans la discipline alors que ceux ayant une conception malléable ont tendance à être plus positifs et à percevoir les échecs essentiellement comme des indices de progression possible, envisager une marge de progression et chercher à comprendre leurs erreurs. De façon concrète, un jeune qui entend régulièrement « je ne me fais pas de souci pour toi, c’est toujours facile, tu sais tout, t’a toujours des bonnes notes » ou « de toutes façons, elle, les maths, c’est pas son truc, c’est une pure littéraire », sont deux représentations fixistes de l’intelligence.


Les élèves ayant une conception malléable de l’intelligence ont pour théorie que l’intelligence et les compétences se développent avec le travail contrairement à ceux qui ont une conception fixiste pour lesquels le travail et les efforts ont peu d’effet sur les performances.


Cette approche est essentielle dans un programme d’accompagnement visant à améliorer l’investissement scolaire des élèves. De même, pour les équipes enseignantes, travailler sur les conceptions et théories de l’intelligence avec les élèves peut s’avérer bénéfique pour favoriser leurs efforts et leur persévérance face à la difficulté, la conception fixiste de l’intelligence étant associée à une moindre persévérance dans le travail et parfois à un désengagement scolaire.

En psychopédagogie, l’approche métacognitive permet d’engager une action sur ces perceptions de l’intelligence chez le jeune en développant ses propres perceptions et stratégies d’apprentissage.