« Personne ne se rend compte que certaines personnes dépensent une énergie énorme simplement pour être normales ». Albert Camus 

Je reçois en 1ere entretien une jeune collégienne de 13 ans, en refus scolaire anxieux depuis septembre 2021. Identifiée tout récemment HPI (Haut Potentiel Intellectuel). Nous l’appellerons L. J’échange avec les parents, puis avec L. L ne comprend pas le monde qui l’entoure, elle ressent ce décalage et a développé des angoisses qu’elle souhaite ne plus subir. Les parents me décrivent ses maladresses verbales qui la mettent dans des situations compliquées avec les autres, et qui la font souffrir. L est épuisée, toute cette énergie!

Avec L., nous allons partir à la découverte de son fonctionnement, mieux se connaitre, pour ensuite mieux comprendre celui des autres. Découvrir ses forces, exprimer ses difficultés. L. n’a reçu de son HPI qu’une image négative, soit dévalorisée par ses enseignants, soit mise de côté car embarrassante…

L’objectif est de retrouver une vie d’élève sereine, reprendre contact avec la scolarité, travailler sur l’environnement.


Pour cela, je vais aider L à bien se découvrir et se connaître, apprendre à avoir confiance en elle, on parlera régulation émotionnelle, être à l’aise avec les autres, se constituer une trousse à outils pour gérer son stress, développer des pensées positives et enfin, préparer son chemin…


Exploration du HPI, identité, apprentissage social et émotionnel, …voilà le programme pour L.

Je la remercie sincèrement de sa confiance, car comme souvent, ses enfants voient de nombreux professionnels et accorder sa confiance n’est plus chose facile. Ils deviennent très méfiants et sont très critiques ! Les apprivoiser, tisser le lien, le rendre solide est un travail de chaque minute lors de nos séances !

le vendredi 29 avril à Saint Philbert de Grand Lieu (44).

[ÉVÉNEMENT]
Vous pouvez dès aujourd’hui réserver votre place pour la causerie du vendredi 29 avril que j’animerais aux côtés de parents bénévoles. (Attention,  places limitées !)
« HPI, TDAH, DYS…parents d’enfants atypiques, comment gérer ? Venez discuter et échanger sans préjugés sur le quotidien et sur la scolarité. Cette rencontre vise à permettre aux parents de jeunes aux profils HPI, TDAH, DYS d’échanger, partager et discuter autour du quotidien, de la scolarité. »

Le Dr Joseph Renzulli  est un leader et un pionnier de l’éducation des surdoués et de l’application de la pédagogie des stratégies d’enseignement de l’éducation des surdoués. L’American Psychological Association l’a nommé parmi les 25 psychologues les plus influents au monde. Le Dr Renzulli a reçu le prix Harold W. McGraw, Jr. pour l’innovation dans l’éducation, considéré par beaucoup comme «le Nobel» pour les éducateurs.

Lors de ses recherches, il a observé que les personnes qui s’illustraient dans des domaines pointus n’étaient pas forcément celles qui avaient les meilleurs résultats scolaires. 

 

« Les comportements surdoués sont le résultat des interactions trois groupes de caractéristiques. Il y a quelque chose de très intéressant en ce qui concerne ces trois sphères. Tandis que les aptitudes tendent à être constantes au fil du temps, dans quelque domaine ou sujet que ce soit, les deux autres traits ne sont pas toujours présents ni absents. Les aptitudes ne sont pas que les capacités académiques, elles peuvent être sportives, dans les arts, le langage, les mathématiques (Picasso n’est pas connu pour son génie mathématiques…), cela peut être le leasership de Martin Luther King!

L’engagement, c’est la persévérance. La concentration de mon énergie à faire quelque chose.

La créativité est ici entendu comme la capacité à soulever des questions que d’autres personnes ne soulèvent pas, la pensée divergente, l’exploration et le jeu des pensées, essayer différents types de choses etc.

Pour parler de comportements liés à la douance, les 3 caractéristiques doivent être présentes. 

La créativité et l’engagement à la tâche, d’une autre part, peuvent venir et partir selon plusieurs circonstances variables. Deuxièmement, elles tendent à se nourrir l’une de l’autre. Par exemple, je suis certain que pour tous d’entre vous, si vous avez une idée créative pour une invention, un livre ou un poème, à moins que vous ne possédiez cet engagement à la tâche, vous n’aurez probablement pas donné suite à cette idée. De plus, cela peut aussi fonctionner dans l’autre sens. Vous pouvez être vraiment engagé à faire quelque chose, par exemple, vous vous dites ‘’il faut à tout prix faire quelque chose à propos de l’intimidation à l’école’’ et cela peut faire émerger une approche créative pour faire face au problème de l’intimidation.

Alors il est très important que dans n’importe quelle sorte de programme éducatif et spécifiquement icelui qui sert les enfants à haut potentiel et talentueux, nous créions réellement la créativité et l’engagement à la tâche dans des domaines dans lesquels les enfants auront peut-être un intérêt particulier. L’intérêt est la clé de tout dans les comportements liés à la douance (gifted behaviors).

Ensuite, nous allons consolider ces choses avec l’habileté supérieure dans un domaine particulier. Parfois, cela ne sera pas nécessairement chez une seule personne, ce pourrait être une personne qui écrit les paroles et une autre qui écrit la musique, ainsi en résulte Rodgers and Hammerstein (deux compositeurs américains) par exemple. Cependant, ce doit être toutes ces trois choses qui travaillent ensemble.

L’autre concept que j’aime souligner est que l’on ne peut pas faire apparaitre cela chez tout individu. Certaines de mes critiques ont déjà dit ‘’voilà Renzulli qui dit maintenant que tous les enfants sont doués’’. En réalité, je crois que la vie humaine est le plus beau cadeau que dieu puisse nous donner, mais je ne crois pas que nous pouvons rendre tout le monde des superstars, mais nous pouvons le faire avec beaucoup plus de jeunes individus que nous avons cru possible auparavant, si nous allons au-delà de l’approche ‘’uniquement le QI’’ dans l’identification de la douance. »

Référence:Joseph Renzulli – What is Giftedness?

(traduction libre Marina Ardouin).

Vidéo YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=L8OlKSNQAIU

 

Conception de l’intelligence et un impact sur les apprentissages

 

Un élève ayant une conception dite « fixiste » de l’intelligence aura tendance à penser que tout est joué d’avance et quoi qu’il fasse, il ne pourra pas progresser. Il aura une vision fataliste de ses apprentissages. Les conceptions fixistes de l’intelligence ( Fixed Mindset) sont des croyances sur l’intelligence. Les enfants vont implicitement se construire cette conception en fonction de leurs propres expériences d’apprentissage et de leur environnement (on mesure ici l’importance des feedbacks et des projections des adultes).  

La conception fixiste de l’intelligence renvoie à une représentation « innée » de l’intelligence : certains sont intelligents, d’autres le sont moins, ou pas, il a la bosse des maths, c’est une rêveuse… Les élèves qui auront cette conception penseront que peu importe leur travail, leur effort, le résultat sera le même et que rien de changera.  Ils auront une vision fataliste de leurs apprentissages et seront moins enclin à fournir des efforts.  Pour eux, tout est joué d’avance alors à quoi bon ?

La conception malléable de l’intelligence ( Growth Mindset) désigne l’inverse.  L’intelligence « se construit » et c’est en travaillant, en expérimentant qu’on la développe. Les élèves qui auront cette conception dynamique ont davantage tendance à penser que c’est à force de persévérance qu’ils vont s’améliorer et ainsi enclins à déployer davantage d’efforts.

Ces conceptions auront un impact sur l’attribution de leurs difficultés. 


Un enfant qui a une théorie fixiste de l’intelligence aura tendance à attribuer la cause d’un échec à son « manque » d’intelligence. Alors qu’un enfant ayant une théorie malléable de l’intelligence attribuera davantage un échec à un simple manque de travail ou de préparation.


Ces conceptions vont influencer la perception de leurs résultats : les élèves ayant une conception fixiste vont davantage accorder de l’importance à des échecs, à des informations négatives lors de leurs travaux, s’ils ont initialement échoué dans la discipline alors que ceux ayant une conception malléable ont tendance à être plus positifs et à percevoir les échecs essentiellement comme des indices de progression possible, envisager une marge de progression et chercher à comprendre leurs erreurs. De façon concrète, un jeune qui entend régulièrement « je ne me fais pas de souci pour toi, c’est toujours facile, tu sais tout, t’a toujours des bonnes notes » ou « de toutes façons, elle, les maths, c’est pas son truc, c’est une pure littéraire », sont deux représentations fixistes de l’intelligence.


Les élèves ayant une conception malléable de l’intelligence ont pour théorie que l’intelligence et les compétences se développent avec le travail contrairement à ceux qui ont une conception fixiste pour lesquels le travail et les efforts ont peu d’effet sur les performances.


Cette approche est essentielle dans un programme d’accompagnement visant à améliorer l’investissement scolaire des élèves. De même, pour les équipes enseignantes, travailler sur les conceptions et théories de l’intelligence avec les élèves peut s’avérer bénéfique pour favoriser leurs efforts et leur persévérance face à la difficulté, la conception fixiste de l’intelligence étant associée à une moindre persévérance dans le travail et parfois à un désengagement scolaire.

En psychopédagogie, l’approche métacognitive permet d’engager une action sur ces perceptions de l’intelligence chez le jeune en développant ses propres perceptions et stratégies d’apprentissage.